La psychologue scolaire m'a conseillé de venir vous consulter. J'aimerais savoir comment se passe une thérapie avec vous.

Gaspard : " Faut-il prendre rendez-vous ?"

Bernard Sensfelder : "Oui. Les entretiens ont lieu sur rendez-vous. Actuellement il y a une liste d'attente et il faut parfois patienter quelques mois avant d'avoir un rendez-vous. Mais en cas d'urgence il est parfois possible d'avoir un premier entretien qui permet de désamorcer la crise."

Gaspard : "Comment commence la thérapie ?"

Bernard Sensfelder : " Le plus souvent la thérapie commence par un premier entretien durant lequel, toi ou tes parents m'exposent les problèmes rencontrés. Je pose quelques questions complémentaires sur ton histoire ou celle de ta famille. Puis je réalise quelques tests afin de mesurer ton degré d'angoisse et tes capacités intellectuelles. Il ne s'agit pas d'un test de QI complet mais de quelques questions seulement. Ensuite je vais vous exposer, à toi et à tes parents, ma manière de travailler. Au cours des deux ou trois entretiens suivants, je vais vous expliquer le fonctionnement des précoces, en quoi cela génère de la souffrance d'origine sociale. Puis ensuite nous commencerons le travail thérapeutique, c'est à dire ce qui concerne ton histoire particulière."

Gaspard : " Tu veux dire que les parents assistent à tous les entretiens !"

Bernard Sensfelder : "Oui, le plus souvent, les ou le parent(s) qui t'accompagne(nt) assiste(nt) à l'entretien. Mais si pour une raison particulière tu souhaites qu'ils ne soient pas là, nous pouvons en discuter. C'est important que tes parents comprennent ce qui se passe mal pour toi parce qu'ils peuvent t'aider au quotidien, cela leur permet également de changer leur regard sur toi. Pour les plus jeunes, ils peuvent même prendre le relais entre les entretiens pour permettre à le thérapie d'aller plus vite."

Gaspard : "Au fait, ça dure combien de temps une thérapie ?"

Bernard Sensfelder : " C'est impossible à déterminer à l'avance. On ne sait jamais quand cela va finir sauf lorsque c'est fini. Pour te donner un ordre d'idée cela va de 10 entretiens pour un problème principalement d'origine sociale à une soixante de séances pour quelqu'un qui aurait vécu de multiples situations très difficiles."

Gaspard : "Qu'est-ce que cela va m'apporter ?"

Bernard Sensfelder : "L'objectif est que tu sentes bien dans tes baskets. Pour le reste, je ne sais pas. Parfois certains se découvrent un talent ou une vocation mais ce n'est pas la majorité."

Gaspard : "En quoi cela sera-t-il différent d'avec un autre psy ? J'en ai déjà vu pas mal et pour l'instant, ça m'a plutôt dégouté !"

Bernard Sensfelder : "La première différence, c'est que tu auras le droit de te taire. Si tu ne veux rien dire libre à toi. La seconde différence c'est que je ne me prends pas vraiment au sérieux, donc l'ambiance est plutôt détendue. La troisième différence, c'est que mes méthodes sont plutôt énergiques, je vais te brusquer un peu de temps en temps. Mais d'après ce que m'ont dit les patients comme toi qui ont déjà vu pas mal de psy, la principale différence c'est que l'on se sent bien dans mon bureau."

Gaspard : " Ca a l'air plutôt cool. Mais si je ne dis rien qu'est-ce qui se passe ?"

Bernard Sensfelder : " La thérapie n'est pas basée uniquement sur la parole. Je vais te proposer des exercices de relaxation et de montée de tension, des exercices de concentration, des exercices d'équilibre. Je vais discuter avec tes parents, t'expliquer ce que j'aurai compris de toi. Une fois que tu te sentiras en confiance, même si cela demande du temps, tu auras envie de parler."

Gaspard : "Est-ce que tu as parfois des échecs ?"

Bernard Sensfelder : "Oui, bien sûr. D'abord les non-précoces ne reviennent pas après le premier entretien, je pense qu'ils ont un peu peur du côté décalé. Ensuite, pour les précoces, certains patients interrompent leur thérapie avant la fin ou pour certains le problème n'est pas de mon ressort. Dans ce cas, je vais les orienter vers un confrère ou un autre spécialiste."

Gaspard : "Est-ce que ça coute cher ?"

Bernard Sensfelder : "Oui, je suis un psy cher. Mais plutôt plus efficace que mes confrères concernant les précoces. Au final la thérapie ne reviendra pas plus chère que chez un collègue."

Gaspard : "Tout cela a l'air génial, ou est le piège ?"

Bernard Sensfelder : " Il n'y a pas de piège mais une thérapie n'est pas une partie de plaisir. Il y a des moments très difficiles car il est nécessaire de retrouver les vécus douloureux de ton existence. Cela demande un véritable engagement de ta part et beaucoup de volonté pour parvenir au bout."