Qu'il s'agisse du basket au club ou des contrôles au lycée, c'est la même chose. Je réussis très bien les entrainements ou les examens blancs mais dès que c'est "pour de vrai", je panique et mes résultats sont désastreux. J'aimerais tellement que mes parents soient fiers de moi, c'est très important pour eux que je réussisse car eux-mêmes n'ont pas pu faire d'études. Cette année, c'est le bac, je n'ai pas le droit à l'erreur.

De façon classique on associe la précocité à l'intelligence mais il serait plus juste de l'associer à la sensibilité. Comme tous les enfants précoces, tu es hypersensible et tu fonctionnes à l'affectif. Plus une situation est chargée d'un point de vue émotionnelle, plus tu vas réagir et perdre tes moyens. Il te faut donc diminuer la pression : tout d'abord tu as le droit à l'erreur, même d'échouer au baccalauréat. Comme dans tout examen, il y a une partie que tu peux maitriser et une partie de hasard qui ne dépend pas de toi.

La première chose à comprendre c'est que tu n'es pas coupable d'échouer. Tu fais de ton mieux et absolument pas exprès de rater les épreuves. Or tu ne peux être coupable que d'un acte que tu aurais fait volontairement pour nuire ( à toi ou aux autres). La culpabilité que tu ressens n'est pas justifiée par la situation, elle est due au fait que tu te fais une obligation de réussir, c'est à dire de tout maitriser. Mais c'est une chose impossible de tout maitriser, même en étant précoce, tu ne peux pas tout prévoir. Il s'agit donc d'une culpabilité non-fondée. Tu te trompes en te sentant coupable, tu ne l'es pas. Lorsque tu te sens coupable poses-toi les questions suivantes : "L'ai-je fait exprès ? Avais-je l'intention de nuire ?" Non ! Eh bien, tu n'es pas coupable et ceux qui te désignent comme tel se trompent.

La deuxième chose à comprendre c'est que cette culpabilité empêche ton cerveau de fonctionner normalement. Hypersensible, tu dois pouvoir laisser tes émotions s'exprimer et circuler librement à l'intérieur de toi : elles te permettent de bien comprendre ce que l'on te demande. Ainsi tu ne restes pas enfermé dans ta logique mais ta sensibilité t'ouvre à la logique du sujet d'examen. Seulement la culpabilité empêche les émotions de circuler, elles les enferme sous pression au fond de toi. C'est ainsi tu te polarises sur ce que tu crois être la réponse attendue : forcément quelque chose de très compliqué puisqu'il s'agit d'un examen ! Et au lieu d'apporter une réponse claire, tu inventes une manière de faire aussi complexe que la somme des émotions emprisonnées en toi.

La troisième chose à comprendre c'est que les sujets d'examen ne sont pas particulièrement compliqués. Il s'agit avant tout de vérifier que tu as acquis des savoirs et des savoir-faire. Ne cherche pas midi à 14 heures. La plupart des questions qui te semblent complexes se dénouent avec une petite astuce (par exemple le résultat de l'opération précédente en mathématiques) ou en décomposant la question en sous-questions basiques (par exemple dans un sujet de français). Tout cela ne sort pas du cadre des connaissances scolaires, il s'agit simplement de comprendre avec quel éclairage il faut les utiliser.

La dernière chose à comprendre c'est que plus il y aura de pressions autour de toi, de la part de tes parents, de tes professeurs, de tes camarades de classe, plus tu auras de difficultés à réussir. Toutes ces tensions ne sont pas les tiennes, tu dois en prendre conscience et les renvoyer symboliquement à ceux qui te les imposent ou du moins essayer de t'en protéger au maximum. Même si ce n'est pas facile essayes de retrouver le plaisir et l'insouciance que tu as lorsque tu t'entraines, lorsque tu fais pour toi. Tes capacités sont là, au fond de toi, ensevelis par ta culpabilité et ta peur de ne pas être à la hauteur de toutes les attentes de ceux que tu aimes. Peur et culpabilité sont renforcées par la charge émotionnelle que l'on te met sur les épaules, mais qui ne t'appartient pas.