Comme toi, beaucoup d'enfants précoces rejettent leur précocité car ils la vivent mal. Elle est vécue avant tout comme une source de souffrance et ils n'ont qu'un rêve : être comme les autres.

Tout d'abord Gabriel, tu n'y es pour rien dans le fait d'être précoce. C'est quelque chose sur lequel tu ne peux pas agir. Tu auras beau imiter les autres avec un certain talent, tu finiras toujours par te trahir. De plus c'est particulièrement douloureux de cacher en permanence sa vraie personnalité.

Avant tout c'est important de bien comprendre en quoi tu es différent des autres. On ne mesure pas encore toutes les particularités des précoces mais il y a déjà quelques éléments dont on est certain.

Tout d'abord la conduction électrique dans ton cerveau est bien plus rapide que dans la plupart des autres cerveaux. Le résultat c'est que tu vas très vite d'une idée à l'autre, parfois trop vite pour te souvenir de toutes les idées que tu as associées d'où des difficultés pour expliquer ton raisonnement. La vitesse habituelle de conduction nerveuse est de 2 mètres par seconde, chez un précoce elle est plus rapide.

Ensuite ton temps de sommeil paradoxal est plus élevé que la moyenne. Le temps de sommeil paradoxal c'est celui durant lequel tu fais des rêves. Tu ne t'en souviens pas nécessairement mais cela arrive toutes les nuits. Le sommeil paradoxal sert à organiser, classer toutes les informations que tu as reçues dans la journée et à vérifier le bon fonctionnement de ton cerveau, cela permet de bien l'entretenir.

Il semble également que les précoces aient des réseaux de connexions neuronales plus complexes, c'est à dire qu'ils associent plus de choses entre elles que la plupart des gens. Cela te donne une grande ouverture d'esprit mais qui n'est pas toujours bien comprise par les autres. "ça n'a rien à voir !" te répondent-ils parfois.

Pour conclure on peut dire que ton cerveau est comme une voiture de formule 1. Tu peux rouler très vite avec et il est très bien entretenu. C'est un bolide de compétition ! Le problème est que le monde dans lequel nous vivons n'est pas un circuit automobile mais une petite route de campagne sur laquelle la vitesse est très limitée. Ton cerveau n'est pas adapté et cela pose de multiples difficultés au quotidien.

Tu vois Gabriel, même si tu souhaites être comme les autres tu ne peux pas modifier le fonctionnement de ton cerveau. Le mieux, c'est d'apprendre à être heureux avec ce que tu es.